INTRODUCTION GÉNÉRALE

 

La violence est, a été et sera ! Elle s’exprime au quotidien et de mille manières. Avec les modifications de la vie sociale et la place des médias, son image s’est transformée, multipliée. Son expression est devenue tellement courante ; on dit qu’elle constitue un phénomène caractéristique de la fin du siècle passé et du début de celui-ci. La destruction des tours jumelles à New York, le 11 septembre 2001, en est une sorte de matérialisation symbolique ultime.

Elle régit les rapports quotidiens entre les Hommes. Elle matérialise la fragilité de notre existence, de notre bien-être, de notre sécurité. Elle nous rappelle que rien n’est définitivement acquis. Nous avons ce que nous n’aurons plus et nous sommes ce que nous ne serons plus un jour. Ce rappel incessant de l’incertitude angoisse au point de faire de la sécurité l’essentiel des programmes politiques de la plupart des pays occidentaux.

N’y a-t-il rien à faire ?

Trois solutions s’offrent à nous. La première consiste à nous retrancher derrière notre apparente sécurité de nantis et à ériger des hauts murs de protection autour de notre maison et de notre famille. La seconde consiste à réagir de la même manière, à répondre à la violence par la violence. La troisième, enfin, nous entraîne à réfléchir aux mécanismes d’expression de la violence, à élaborer des stratégies de réactions non-violentes, à informer, à éduquer, à tenter de récupérer les effets de la violence pour les utiliser dans un élan de vie et de création. Pour y arriver, nous disposons de deux " armes " essentielles : l’information et l’éducation.

La création d’un Centre Européen de lutte contre la violence " Jocaste " le 15 février 2002 à 4040 Herstal (Belgique) prend ainsi un sens. Ce Centre émane d’un programme européen, " Daphné ", qui prend en compte la violence comme phénomène de première importance. Il s’agit de disposer d’outils qui permettraient de la réduire, voire de la juguler afin d’aboutir à une paix sociale. Cette paix, c’est celle de chacun, celle des familles et des groupes sociaux. C’est aussi celle des nations. Cette paix concerne le respect des humains, mais aussi de la faune et de la flore sur une planète rendue viable à long terme.

Dans un partenariat européen, l’idée active est l’essaimage. Le présent programme de cours doit servir de support à une information et à une éducation d’une multitude d’intervenants et d’acteurs de terrain. Avec les techniques modernes d’enseignement à distance, l’accès au savoir augmente. L’apprentissage devient accessible à tous quel que soit son lieu d’habitation. Cette notion d’accessibilité ne concerne pas seulement les apprenants. Il s’agit de promouvoir, de sensibiliser, de remédier, d’informer, d’éduquer, de former… autour de soi.

Tout au long du programme des cours, nous aurons à cœur de débusquer les formes de violence, des plus évidentes au plus sournoises. Nous tenterons d’en cerner les mécanismes et d’aboutir à un schéma de réactions efficaces et utiles. Nous pourrions résumer ainsi les mécanismes d’apprentissage selon une méthode heuristique : débusquer – analyser – comprendre - agir.